Ruby Bridges, une icône de la ségrégation scolaire aux États-Unis.

La fin de la ségrégation scolaire aux États-Unis, le 17 mai 1954, n’a pas mis fin à la haine, aux injustices et à l’exclusion de la majorité blanche au détriment des minorités noires.  La doctrine séparés mais égaux adoptée par la Cour Suprême des États-Unis en 1892 en constitutionnalisant la ségrégation raciale a été aboli par un arrêt de cette même Cour en 1954 . Cet arrêt, Brown v. Board of Education, représentait l’aube d’un système plus juste, en s’attaquant au racisme à la racine: l’éducation.

Le 14 novembre 1960, suite à l’appel du National Association for the Advancement of Colored People (NACCP), une fillette afro-américaine de six ans, Ruby Neill Bridges fut la première enfant à intégrer une école primaire de blancs aux États-Unis.

Ruby Neill BRIDGES

Découvrez la première enfant noire à être inscrite dans une école pour blancs aux USA. Photos
Ruby Bridges, 1960

Ruby Bridges, née le 8 septembre 1954 à Tylertown au Mississippi, est une enfant afro-américaine connue pour avoir été la première enfant noire à intégrer une école primaire destinée aux blancs. Cette fillette rentre dans l’histoire des États-Unis par une journée forte en émotion, de manifestations racistes et haineuses marquant ainsi le début de la fin de la ségrégation scolaire.

  • Pourquoi a t-elle intégré une école blanche ?

Six ans auparavant, la Cour suprême des États-Unis avait décrété anticonstitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Le NACCP demandait donc aux parents afro-américains de laisser leurs enfants intégrer ce nouveau système scolaire mis en place. L’idée que des enfants noirs fréquenteraient les mêmes écoles que leurs enfants n’arrivait pas être accepté par les blancs qui montraient ouvertement leur désaccord par des manifestations haineuses.

Découvrez la première enfant noire à être inscrite dans une école pour blancs aux USA. Photos
Manifestation de parents refusant d’envoyer leurs enfants dans des écoles fréquentées par des noirs.
  • Le premier jour de classe de Ruby

Son premier jour d’école au William Frantz Elementary school en Louisiane le 14 novembre 1960 a été marqué par des injures, la peur et le racisme. Arrivée à l’école, des parents blancs entrèrent mais sortirent leurs enfants de l’établissement. Tous les enseignants, à l’exception d’une professeure, Barbara Henry, refusèrent également de faire cours s’il y avait une enfant noire dans l’école.

À cause de l’opposition des Blancs à intégrer les Noirs, elle eut besoin de protection pour entrer à l’école. Mais, les officiers de police locaux et de l’État refusant de la protéger, elle fut accompagnée par des fédéraux. La scène a été commémorée par Norman Rockwell dans un tableau intitulé Notre problème à tous (The Problem We All Live With).

Tableau de Norman Rockwell, The Problem We All Live With.

Ruby expliquera plus tard: « Tous les enfants blancs avaient été retirés par leurs parents. Ils n’admettaient pas que leur progéniture étudie en ma compagnie. Pendant un an, j’ai été l’unique élève de l’établissement. Mais la maîtresse a continué à faire cours pour moi seule. C’est grâce à elle que je ne vois pas les choses à travers le prisme de la race ».

Ce jour-là, des parents et des enfants se réunirent devant l’établissement en la lapidant de tomates et en lui lançant toutes sortes injures.

  • Les conséquences de son acte

Ruby Bridges, âgée de six ans dû faire face aux menaces d’enlèvement, de torture et d’empoisonnement. Un jour, elle fut saluée par une femme présentant une poupée noire dans un cercueil en bois. Très tôt, elle commença à montrer des signes de stress, faisant des cauchemars la nuit et dut consulter un psychologue à plusieurs reprises.

Son père perdit son emploi et ses grands-parents, agriculteurs du Mississippi, furent renvoyés de leurs terres.

L’année suivante, Ruby n’était plus seule à l’école. Inspirés par son courage et par celui de sa famille, d’autres enfants noirs ont été inscrits.

Ruby Bridges aujourd’hui

Ruby Bridges, 2017

Ruby Bridges Hall, âgée de 66 ans, vit toujours à La Nouvelle-Orléans. Elle est la porte-parole de la Ruby Bridges Foundation, fondée en 1999 pour promouvoir « les valeurs de la tolérance, du respect et de l’appréciation des différences ». Décrivant la mission de cette association, elle dit : « le racisme est une maladie d’adulte et nous devons cesser d’utiliser nos enfants pour la propager ».

Le 27 octobre 2006, la municipalité d’Alameda, en Californie, a ouvert une école élémentaire portant le nom de Ruby Bridges et a fait une déclaration en son honneur. Elle a été reçue par le président Obama à la Maison-Blanche le 15 juillet 2011.

De nombreux enfants lui doivent son courage et sa persistance contre un système maintenant l’oppression éducative et raciale des noirs. Elle était une enfant qui a subi toutes formes de manifestations haineuses pour un combat dont elle ne comprenait les fondements à l’époque. Elle a tenu bon et son nom représente tout un symbole pour la communauté afro-américaine. Elle demeure l’une des figures iconiques de la lutte ségrégationniste aux États-Unis.

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