Les gardiennes de la faune africaine: LES BLACK MAMBAS!

Depuis l’aube des années 2000, les rhinocéros sont en danger en Afrique. Leur principal prédateur est l’homme, qui les traque n’ont pas pour le plaisir de la chasse ou de la chaire mais à la quête d’une denrée rare, plus dispendieuse que la cocaïne ou l’or, la corne de rhinocéros. Les braconniers se mettent en quatre à la recherche de ce merle blanc évalué à plus de 50 000 dollars le kilo. Pour cela, ils n’hésitent pas à massacrer ces mammifères, qui sont aujourd’hui en voie de disparition. Un escadron, composé uniquement de femmes sans arme, se donne pour mission de protéger ces animaux au péril de leur vie en affrontant à la fois les braconniers armés et les animaux sauvages. Les Black Mambas!

Surnommées les anges de la faune ou les reines du bush, les black mambas sont l’unité d’élite anti-braconnage composée uniquement de femmes fondée en 2013 par Transfrontier Africa NPC pour protéger la région Olifants Ouest de la réserve naturelle de Balule. Leur nom fait référence au serpent mortel, le mamba noir. Vêtue de treillis et de lourdes bottes, leur écusson décrit l’importance de leur fonction et la valeur de leur mission : une tête de rhinocéros ceinte de deux mambas noirs venimeux. Ces rangers patrouillent 24/24 la réserve naturelle de Balule, de quelques 62 000 hectares, ouverte sur le célèbre Parc Kruger à l’est. Se trouvant dans la province du Limpopo en Afrique du Sud, cette réserve est renommée pour son abondance de la faune africaine. Zone protégée, elle abrite les Big Five qui comprennent: le lion, le léopard, l’éléphant de brousse africain, le buffle africain et le rhinocéros noir.

Les «Big Five » sont le symbole de l'Afrique du Sud et ses géants sont représentés au recto des billets de banques locales.
Les «Big Five » sont le symbole de l’Afrique du Sud et sont représentés au recto des billets de banques.

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Pourquoi la corne de rhinocéros est si convoitée?

L’Afrique du Sud abritait 80 % des 29 000 rhinocéros de la planète. En 2017, 1 028 rhinocéros ont été tués, soit trois par jour. Un massacre basé sur des superstitions en desservant la faune africaine d’un de ses joyaux.

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Le marché de la corne de rhinocéros a explosé au milieu des années 2000, en raison de la parution d’informations selon lesquelles, elle permettrait de lutter contre le cancer et l’impuissance. Des superstitions et croyances qui font grimper le prix du kilo de cornes à plus de 50 000 dollars au marché noir asiatique plus particulièrement en Chine et au Vietnam. Une motivation suffisante pour les braconniers qui n’hésitent pas à traquer les rhinocéros à coup de machette et de scie. Des vertus thérapeutiques fausses puisque la corne est composée de kératine, une protéine présente dans les ongles des humains et des animaux.

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Dans cette perspective, le commerce de la corne de rhinocéros est banni au niveau international depuis 1977 par la Convention CITES signée par 182 pays et contenant 35 000 espèces sauvages dont fait partie le rhinocéros.

C’est là que les black mambas interviennent, tenaces et fougueuses.

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Des vigies au service de la faune: prévenir et dissuader

Issues des communautés locales défavorisées, ces 30 femmes n’ont aucun diplôme universitaire. Pour intégrer l’unité, elles suivent une formation de survie de six semaines à la fois paramilitaire et sur la protection des animaux, en pleine immersion dans la nature: pas de téléphone, de douche, très peu de nourriture et de sommeil. Face aux Big Five, tourner le dos ou courir, c’est devenir une proie et risquer de mourir. Une règle prévaut sur toutes les autres :  » Ne jamais fuir ». Malgré tout, être armé signifierait devenir une cible. Le moindre face à face avec les braconniers déclencherait des échanges de tirs. De ce fait, leur rôle consiste à désarmer la violence: les mambas sont des vigies. Elles relèvent le moindre détail pouvant indiquer la pratique de braconnage: contrôle des grillages électriques, repérage des brèches, les réparent et guettent les coups de feu. Pour cela, elles parcourent jusqu’à 21 kilomètres dans des conditions climatiques extrêmes.

Elles travaillent trois semaines d’affiliées et ont dix jours de congé. Ce qui leur laissent très peu de temps à consacrer à leurs familles mais, la noblesse de la cause et leur contribution à la protection des trésors du continent valent largement ce sacrifice.

Grâce à ces anges gardiennes de la faune, le nombre d’actes de braconnage a diminué en 2016 de 76 % et, en 2018 pas moins de 9 rhinocéros ont été tués à Balule.

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Les bush babies : un programme anti-braconnage

Dans les écoles du Limpopo, elles ont lancé le projet bush babies en 2016 dont l’objectif est de transmettre leur amour des animaux aux enfants et de leur montrer les dangers du braconnage. Pour cela, cette culture anti-braconnage est alimentée par un programme de protection à l’environnement. Elles veulent que leurs communautés comprennent les avantages de la conservation des rhinocéros plutôt qu’au braconnage, en s’attaquant à la dégradation sociale et morale qu’est le produit du braconnage des rhinocéros au sein de leurs communautés. Le programme est organisé chaque semaine pendant 1 heure tout au long de l’année pour les enfants et les adolescents.

Reconnues à travers le monde, en 2015, les black mambas ont été distinguées Championnes de la Terre par les Nations-Unies. Elles ont également reçu les prix suivants: Best conservation practitioner of the year 2015, Eco-Warrior Silver Award 2017, Resilient Efforts Through Cultural Diversity and Environmental Sensitivity » award en 2019.

La catastrophe environnementale s’accélère et s’aggrave, les citoyens sont de plus en plus concernés, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans l’information. Il est inacceptable que des espèces disparaissent sur la base de vertus thérapeutiques qui n’ont jamais été prouvées et quel qu’en soient les raisons. Le courage et la dévotion des black mambas demeurent une inspiration que la nature, elle-même, ne cessera de saluer.

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